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samedi 23 février 2013

Chouan et espion du Roi, récits de la contre-Révolution

La Louve éditions vient de publier les mémoires de Michelot Moulin, un texte rare, essentiel pour l’histoire de la Chouannerie normande. Acteur des événements, du refus de la conscription de 1793 jusqu’aux Cent-Jours, ce combattant de modeste origine, devenu un proche de Louis de Frotté, livre un récit passionnant sur vingt années d’engagement en faveur de la cause royale.  
1793. La Convention décrète la levée en masse. L’Ouest se soulève. De nombreux paysans désertent alors l’armée de la République, prennent des armes de fortune et commencent à organiser la résistance à ceux qu’ils appellent les Bleus. Parmi ces hommes qui refusent de combattre pour la République et veulent rester fidèles au roi, se trouve Michel Moulin, fils d’artisan : il se révèle habile meneur d’hommes et fin connaisseur de son bocage natal. 

Rapidement, celui que ses compagnons d’armes surnomment Michelot devient l’homme de confiance de Louis de Frotté, le jeune général de l’Armée catholique et royale de Normandie. Dans un style alerte, Moulin décrit de l’intérieur l’organisation de la chouannerie, l’âpreté des combats et les délicates relations humaines au sein de ce monde clos. 

Louis de Frotté
Après l’exécution de Frotté, tandis qu’il tente de réintégrer la vie civile, il est rattrapé par son passé et emprisonné au fort de Joux, en Franche-Comté, d’où il s’évade dans des conditions rocambolesques. Fugitif, il parcourt ensuite l’Europe pour échapper à la police impériale, puis trouve refuge à Londres. Là, il découvre un autre monde, celui de l’émigration et de ses royalistes intransigeants. Et c’est à Londres que va commencer pour lui une nouvelle vie, celle d’espion au service du roi. Ainsi, envoyé en France pour préparer le retour des Bourbons, il livre un témoignage de première main sur les milieux interlopes des passeurs, des réseaux plus ou moins fiables, entre gendarmes, policiers et gardes-côtes. 

Le regard de Michelot Moulin est original à plusieurs titres : il est rare d’avoir, sur la guerre civile qui a ensanglanté les années 1790, le témoignage d’un homme sorti du rang ; il est également peu fréquent qu’un roturier, adhérant à la cause royaliste, nous livre ses impressions – parfois amères – sur le milieu de l’émigration ; il est enfin précieux d’avoir en un même récit, sur plus de vingt années, les différentes facettes de la contre-Révolution. 

« Passionnants mémoires de l’un des lieutenants de Frotté (dont il raconte la capture). Moulin remplit diverses missions en France et joua un rôle important dans le soulèvement des Cent-Jours. » (Jean Tulard) 

Agrégé d’Histoire, Stéphane Vautier est actuellement Inspecteur d’Académie, inspecteur pédagogique régional dans l’Ouest de la France. Ses recherches portent sur le contrôle social et sur les rapports entre la police, la justice et les sociétés dans la première moitié du XIXe siècle. 

Chouan et espion du roi, espion de la contre-Révolution, Les Mémoires de Michelot Moulin : des guerres de Normandie aux Cent-Jours (1793-1815), présentation et notes par Stéphane Vautier
La Louve éditions, 384 pages, 3 cartes, index onomastique et géographique, prix public 25 euros

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