Prochaine journée vendéenne le samedi 21 octobre 2017 dans la région de Cholet. Restauration d'une croix, pose de plaque commémorative, veillée vendéenne... Retenez dès à présent cette date.

mardi 12 novembre 2013

La fiancée de Sébastien-Jacques Cady voyait le jour, il y a 242 ans...


   Sébastien-Jacques Cady, célèbre chef vendéen de l'Anjou, n'avait jamais fait l'objet d'une biographie. C'est maintenant chose faite avec celle que lui consacre, en ce moment, Dominique Lambert. On sait que Sébastien Cady fut mis à l'honneur, le 19 octobre dernier, avec la magnifique journée que lui consacra la Vendée Militaire, la municipalité, le Musée des Métiers de Saint-Laurent-de-la-Plaine, sans oublier le Groupe de Recherche historique de la même commune. Hommage à la hauteur de l'homme valeureux qu'a été Sébastien Cady, chirurgien, colonel et chansonnier de l'armée vendéenne. 

Acte de baptême de Geneviève-Françoise Bouchet, le 13 novembre 1771.

   La biographie que termine maintenant Dominique Lambert contiendra de nombreuses informations inédites. L'une d'entre elles est de taille. Joseph Quesson est le neveu de feu Noël Quesson, ancien curé de la cathédrale d'Angers, et le descendant de nombreux soldats et martyrs de la cause vendéenne à Saint-Laurent-de-la-Plaine. Il se passionne pour la généalogie et l'histoire locale de Saint-Laurent. A la demande de Dominique Lambert, Joseph Quesson, par ailleurs organiste de sa paroisse, a bien voulu effectuer des compléments de recherches sur Cady. Ainsi il a retrouvé l'acte d'achat, par Sébastien Cady, d'une maison à La Jumellière, du temps où il était chirurgien de cette paroisse. On sait que Sébastien s'installera, en 1789, à Saint-Laurent, après la mort de de son frère, Charles, chirurgien et syndic de la même paroisse. Mais la plus importante trouvaille de Joseph Quesson – chapeau l'artiste ! – est la découverte de la « promesse » de mariage entre Sébastien Cady et Geneviève-Françoise Bouchet, fille d'un chirurgien de Beaupréau. Ce dernier, Guy Bouchet, fils d'Ambroise Bouchet, chirurgien et apothicaire, avait épousé le 23 janvier 1771, à Notre-Dame de Beaupréau, Françoise-Geneviève Lebrun, 26 ans, fille d'un riche tanneur et de Geneviève Pineau. Leur premier enfant naquit, à Notre-Dame de Beaurpéau, le 13 novembre 1771. Il s'agit de la future « promise » de Sébastien Cady. C'est le 11 juin 1792, en la maison de Guy Bouchet à Beaupréau, que fut rédigée et signée, la fameuse promesse de mariage entre Sébastien et Geneviève. Le promis avait dix-sept ans de plus que la promise. Cette « promesse » précisait : « Lequel dit sieur Cady et ladite demoiselle Bouchet, sous l'autorité dudit sieur Bouchet, son père, se sont promis la foy du mariage et d'iceluy solenniser en face de l'Eglise catholique, apostolique et romaine, tous empêchements légitimes et canoniques cessants ». Le mariage devant l'église n'a jamais eu lieu. Probablement reporté en raison de la situation de l'église – on imagine mal, en effet, Sébastien Cady se mariant devant un prêtre constitutionnel – puis ajourné de nouveau en raison de la guerre à laquelle prirent part les familles Cady et Bouchet. On sait que Louis-Marie Cady – frère de Sébastien – vivait à Beaupréau depuis son mariage, en 1787, avec Marie Doly (fille d'une future béatifiée), nièce des frères Gruget – les curés de Saint-Florent-le-Vieil, du Fief-Sauvin et de la Trinité d'Angers, ce dernier, Simon-Jean Gruget, est le grand témoin de la Révolution en Anjou –, c'est probablement lui ou sa femme, qui fit se rencontrer Sébastien et Geneviève. Cette dernière était aussi parente des Gruget.
   Comme son père, Geneviève Bouchet était chirurgienne. D'autres femmes, à la même époque, exerçaient cette profession : Michelle-Claudine Cahoreau est dite « chirurgienne-pharmacienne » au Bourg d'Iré; une Cady, de Rochefort-sur-Loire est aussi qualifiée de chirurgienne, etc.

anglaise ne fait pas apparaître la chemise rouge des paricide qu'elle portait.
La Guillotine sous la Terreur.

   Accusée d'avoir promis « 15 sols et une bouteille de vin par tête de bleu qu'on lui rapporterait », elle fut arrêtée, le 8 janvier 1794. Elle subira son premier interrogatoire devant le Comité révolutionnaire de Cholet, par les soins de l'un de ses membres, Jacques Macé. Elle déclare notamment qu'elle a soigné les blessés républicains à l'hôpital de Beaupréau – où son père avait été placé comme chirurgien par les chefs de l'insurrection – « avec douceur et humanité ». Elle ajoute : « J'ai traité les malades et les blessés républicains pendant tout le temps qu'ils ont été à Beaupréau, et j'en ai retiré deux chez moi l'espace de cinq semaines ». Elle n'a pas suivi l'armée catholique et royale en outre-Loire. Lorsqu’on lui demande : « Connaissez-vous les chefs des brigands et les bons prêtres ? » Elle répond : « Je connaissais le général d’Elbée, Cady, de Beaupréau, et celui de Saint-Laurent-de-la-Plaine, Rigault, Stofflet, La Rochejaquelein, Cathelineau, Gasnier, chanoine, Brevet, chanoine, Gabriel, évêque soi-disant d’Agra » – la supercherie de « Mgr d’Agra » était donc déjà connue au début du mois de janvier 1794 à Beaupréau – « Clambart, curé de Saint-Martin, Poirier et Tessier, ses vicaires ». Elle dit que son frère a été à l’armée des brigands, qu’il a « participé à des batailles, mais (qu’il) était forcé par les brigands ». Il était « simplement soldat et il allait à pied ». Elle donne les noms des membres du Comité royaliste de Beaupréau : Bouchet, procureur, Fournier, marchand, Charon, marchand, Godin, marchand, Bonnet, marchand, et deux prêtres d’Angers qui demeuraient au château avec deux religieuses du Ronceray. Elle oublie – volontairement ? – Louis-Marie Cady.
Transférée à Angers, le 15 janvier, en même temps que Mme Turpault (future béatifiée), elle fut conduite, le 20 janvier 1794, devant la Commission militaire qui siégeait dans l’église des Jacobins. Le président Félix lui demanda si elle était mariée. Elle répondit simplement non. Elle déclare – car elle cherche à sauver sa vie – qu’elle est « bonne républicaine ». Elle dit qu’elle connaissait bien d’Elbée, « étant d’un pays voisin du sien ». 
   Dans la soirée du 20 janvier, veille de la messe du Bout de l’an de Louis XVI, Geneviève montait à l’échafaud place du ralliement. Sébastien Cady restera célibataire toute sa vie, ce qui est connu de tout le monde. Il fut donc l’homme de toutes les fidélités : A Dieu, au Roi, à son pays, à ses amis, à sa « promise » Geneviève-Françoise Bouchet.

                                                                                 

Ceux qui désirent se procurer l’ouvrage sur Cady peuvent prendre contact avec la Vendée Militaire. Toujours disponible, Les compagnons de Sébastien Cady par Sophie Lambert.

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