24 novembre 2017 veillée vendéenne à La Tourlandry animée par Dominique Lambert, foyer Saint-Vincent à partir de 20h.

jeudi 23 janvier 2014

Retour sur la mort du Roi - Éphémérides du 22 janvier 1794

   Le Roi a donc été guillotiné hier, il y a 221 ans, à 10h22. C'était un lundi. J'ai oublié dans ma dernière chronique de vous parler du temps qu'il faisait ce jour-là. Je vais donc donner cette précision à la demande de certains d'entre vous. D'après les Archives de l'Observatoire de Paris, à sept heures et demie (une demie heure avant le départ du Roi vers son lieu de  supplice), le temps était "couvert et calme, brouillard". Le thermomètre marquait 0,4°; à deux heures de l'après-midi le temps était le même, le thermomètre marquait 1,2°; à six heures du soir même temps, brouillard moins fort, le thermomètre indiquait 1°. Un témoin allemand, Schlabendorf, écrit : "L'exécution du malheureux et bon Louis XVI devait avoir lieu. C'était un jour assez clair; il n'y eut qu'un brouillard qui, jusqu'à midi, s'étendit sur la ville et ses environs" (Lettre publiée par Arthur Chuquet dans L'Opinion, 1911). Et que dit notre cher Célestin Guittard de Floriban, dans son Journal (Paris, ed., France-Empire, 1974, p. 219) ? : "Ther. 3 degrés au-dessus de zéro. Temps humide toute la journée et brouassé un peu le soir". De son côté Edmond Biré dans son si documenté Journal d'un Bourgeois de Paris pendant la Terreur (Paris, 1898, t.1, p. 426), apporte les précisions suivantes  : "La nuit du 20 au 21 avait été pluvieuse et froide; cette pluie persistante avait fait disparaître en partie la neige qui, la veille, couvrait Paris comme un vaste linceul". Voilà pour ce point de détail de la petite histoire du drame du 21 janvier.

   Maintenant l'heure exacte de la mort du descendant de Saint Louis : d'après Charles-Henri Sanson (15 février 1739 - 4 juillet 1806, le bourreau qui exécuta Louis XVI), le Roi serait arrivé au pied de l'échafaud à "dix heures quinze minutes, à peu près". Madame Royale écrit que son père "reçut le coup de la mort le 21 janvier, un lundi, à dix heures 10 minutes". Une autre source indique 10h30. Le journal Le Républicain du 22 janvier précise que la mort de Louis eut lieu à 10 heures 24... Quant à l'acte officiel du décès, signé P.-J. Legrand, officier public, il porte 10 heures 22 minutes. C'est cette heure-là que l'histoire retiendra. Précisons que l'acte de décès a été rédigé le lundi 18 mars 1793, "l'an second de la République, Acte de décès de Louis Capet, du vingt-et-un janvier dernier, dix heures vingt-deux minutes du matin, profession, dernier roi des Français, âgé de trente-neuf ans, natif de Versailles, paroisse Notre-Dame, domicilié à Paris, Tour du Temple, marié à Marie-Antoinette d'Autriche...". Cet acte est notamment signé d'Antoine-François Momoro (1756 - guillotiné le 4 mars 1794), l'inventeur de la formule "Liberté, Egalité, Fraternité".

L'exécution du Roi à 10h22.
Lors de sa comparution devant la Convention nationale, le Roi avait été parfaitement calme, même serein. Il étonna ses adversaires par sa dignité. L'issue du procès était fixée d'avance. Le talent de M. de Sèze ne pouvait rien changer à la conclusion de ce procès d'intention et de mauvaise foi. Il fallait tuer le Roi. Pour la toute jeune 1ère République, il fallait baptiser ce nouveau régime dans le sang du Roi. Le fait que Louis XVI ait été condamné par la Convention nationale, c'est-à-dire par les représentants de la nation, permettait d'associer l'ensemble des Français à l'ignoble drame du 21 janvier. Serions-nous tous des descendants de régicides ? Évidemment non. La Convention ne représentait en rien le pays puisque 700 000 électeurs seulement sur les 7 500 000* avaient voté...  Enfin, n'oublions pas que ce changement de régime était né d'une émeute, celle du 10 août 1792. Dans ces conditions quelle légitimité pouvait avoir la Convention ?

* On sait que les élections se firent au suffrage universel, mais à deux degrés : les assemblées primaires désignèrent les délégués le 26 août 1792. Ces derniers choisirent, le 2 septembre, les députés. Les détails poignants des derniers jours de Louis XVI sont à lire, notamment, dans le t.1 du Louis XVII de A. de Beauchesne (Paris, 1867).

- Complément des éphémérides du 20 janvier 1794

Dans mes éphémérides du 20 janvier 1794, j'ai oublié les victimes de ce jour-là à Angers. Furent donc guillotinées les personnes suivantes : Charles-Mesmin Gault, né à Nueil-sous-Les-Aubiers, commis greffier du district de Cholet et employé aux Archives du district d'Angers; Geneviève Bouchet, la fiancée de Sébatien Cady, chirurgienne, née à Beaupréau; François Claveleau, charon à Cholet; Anne-Suzanne-Radegonde-Charlotte Marsault, veuve Leclerc, "ci-devant baronne de Vezins, native de Niort"; et sa femme de chambre, Louise-Mathurine Baranger, née à Vezins. [Marie-Suzanne-Radegonde-Charlotte Marsault, née à Niort en 1752, épousa Philippe-André Fortuné Leclerc de La Ferrière, baron de Vezins. Trois enfants naquirent de ce mariage. Le baron mourut le 29 juin 1780, à 29 ans. En janvier 1794, la baronne fut arrêtée à Varades. Conduite à Angers et incarcérée à la prison nationale le 16 janvier, elle fut interrogée dès le lendemain par le Comité révolutionnaire d'Angers. Dans cet interrogatoire, elle déclare qu'elle passa la Loire à Belle-Croix, entre Varades et Ancenis, le lendemain du grand passage à Saint-Florent. Elle dit qu'elle avait erré dans les communes d'Anetz, Varades, Saint-Herblon, Montrelais et la Chapelle. La Commission militaire entendit la baronne de Vezins et sa femme de chambre le 20 janvier. Le même jour les deux femmes montèrent à l'échafaud. La descendance de la baronne de Vezins possède toujours une émouvante relique de la journée du 20 janvier 1794.

Ephémérides du 22 janvier 1794.

- 6ème fusillade du Champ-des-Martyrs.
Pour connaître des heures glorieuses et malheureuses du reste des armées vendéennes sur la rive gauche de la Loire, on peut consulter l'ouvrage de Philippe Doré-Graslin, Itinéraires de la Vendée Militaire. Journal de la guerre des géants (1793-1801), (Cholet, 1992). Nous n'aborderons maintenant que certains combats et massacres  qui  jalonnent les premiers mois de l'an d'épouvante 1794.

Signalons encore que l'exécution, par Henri de La Rochejaquelein, du curé intrus de Saint-Paul-du-Bois, - Jacques-Joseph-Mathias Delahaye, curé de la paroisse depuis 1771, prêta serment - n'a pas eu lieu le 22 janvier 1794. Nous aborderons ce sujet dans un prochain numéro de la revue Savoir et nous publierons les textes qui rétablissent la véritable chronologie des événements de la fin de l'année 1793 et du début du mois de janvier 1794, dans ce canton de la région de Vihiers.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire