- Cinquième fusillade au Champ-des-Martyrs (voyez les éphémérides du 20 janvier)
-
A Angers, place du Ralliement, on guillotine Pierre Bonneau, marchand
de fer; Pierre Gasté, frère Récollet de Nantes, devenu marchand de fil
au Plessis-Grammoire.
-
Sur l'ordre de Turreau, les colonnes infernales se mettent en marche.
L'état-major général s'installe à Cholet, ainsi que la cavalerie. Les
"brûlements", les "pilleries", les massacres commencent : dans la région
de Vihiers; à Concourson, le village de Vaillé; aux
Cerqueux-sous-Passavant, Cernusson, à Montilliers... On pille, on
massacre aussi, à La Tessoualle, à Maulévrier et dans les environs; à
Etusson, au Pin (près de Bressuire), Saint-Aubin-du-Plain...
La colonne de Turreau quitte Doué et s'installe au Coudray-Montbault.
21 janvier 1793 : Ils ont osé
Exécution de Louis XVI
-
Cléry raconte : "J'entendis sonner cinq heures et j'allumai le feu : au
bruit que je fis le roi s'éveilla et me dit, en tirant son rideau :
- Cinq heures sont-elles sonnées ?
- Sire elles le sont à plusieurs horloges, mais pas encore à la pendule."
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Louis XVI montant à l'échafaud |
A
neuf heures, Santerre, accompagné de "sept à huit municipaux", et de
dix gendarmes, arrive au Temple. C'est en voiture (verte) et en silence,
que Louis XVI gagnera le lieu du supplice, accompagné de son confesseur
et de deux officiers de gendarmerie. Le cortège avança par les
boulevards, vers la place de la Révolution où il arriva à dix heures un
quart. Louis XVI tentera de dire quelques paroles à son peuple, mais les
roulements de tambours étoufferont ses propos. La tête du roi roulera
dans le panier à dix heures et vingt-deux minutes. "Fils de Saint Louis
montez au Ciel", aurait-dit l'abbé de Firmont. Nous évoquerons plus
longuement dans une autre chronique la mort de ce roi très chrétien dont
nous n'avons pas fini de payer les conséquences.
Le Roi est mort, Vive le Roi !
- Lundi 20 janvier 1794
– Froid très vif. Au Champ-des-Martyrs, quatrième fusillade : 408
victimes, soit 108 hommes et 300 femmes. Les noms des personnes tuées ce
jour-là sont mélangées avec ceux des femmes et des hommes qui tombèrent
le lendemain, mardi 21 janvier. Citons Pierre Baranger, 31 ans,
laboureur à Faye; François Poissonneau, 18 ans, laboureur, de
Chalonnes-sur-Loire; Julien Poissonneau, 33 ans, taillandier de Neuvy;
Louis Uzureau, 27 ans, tisserand de La Poitevinière; Michel Uzureau, 25
ans, tisserand de La Poitevinière; Jean Uzureau, 34 ans, tisserand de
Maulévrier; Jacques Uzureau, 63 ans, métayer de La Pommeraye, etc.
Aucune victime, à ma connaissance, des fusillades des 20 et 21 janvier
ne fut béatifiée le 19 février 1984.
- Même jour- relevons ce petit écho : A Montfaucon, naissance dans des conditions tragiques de Louis-Arsène Hervé.
- Cordellier-Delanoue, chef d'une colonne infernale, arrive à Brissac où il retrouve Crouzat.
-
François Claveleau, charron à Cholet, condamné à mort par la Commission
militaire à Angers, pour avoir assisté à la destruction de l'arbre de
la liberté à Cholet, et "en avoir fait un timon de charette, après en
avoir donné vingt sous pour le conduire chez lui." (L. Prudhomme, Dictionnaire
des individus envoyés à la mort judiciairement, révolutionnairement et
contre-révolutionnairement pendant la Révolution..., t.II, Paris, 1796, p.320; Vendée Historique, 1906, col. 266)
N'oubliez pas, n'oubliez jamais !
Il y a 221 ans – Procès de Louis XVI.
Samedi 19 janvier 1793
– Température : 2° au-dessous de zéro la nuit. Vent-Nord-Est. "Il a gelé assez fort, mais le vent de bise qui coupait le visage hier et avant-hier s'est apaisé aujourd'hui; il (...) fait plus doux, le ciel sans nuage" (Guittard de Floriban). – Au temple, à neuf heures, le municipal Gobeau, entre un papier à la main; Mathey, concierge de la tour, l'accompagne et porte une écritoire. Gobeau déclare au Roi qu'il a ordre d'inventorier les meubles et autres effets. Louis XVI laisse Cléry avec les deux visiteurs et se retire dans sa chambre.
– Température : 2° au-dessous de zéro la nuit. Vent-Nord-Est. "Il a gelé assez fort, mais le vent de bise qui coupait le visage hier et avant-hier s'est apaisé aujourd'hui; il (...) fait plus doux, le ciel sans nuage" (Guittard de Floriban). – Au temple, à neuf heures, le municipal Gobeau, entre un papier à la main; Mathey, concierge de la tour, l'accompagne et porte une écritoire. Gobeau déclare au Roi qu'il a ordre d'inventorier les meubles et autres effets. Louis XVI laisse Cléry avec les deux visiteurs et se retire dans sa chambre.
- Dimanche 19 janvier 1794 – A Nantes on fusille 207 vendéens et 300 autres sont noyés.
Dimanche 20 janvier 1793
– Température : 3°
au-dessus de zéro. Vent Nord-Ouest. Il dégèle un peu. Louis XVI continue
la lecture de Charles 1er. A deux heures "douze à quinze" personnes se
présentent à la fois : Dominique-Joseph Garat (1749-1833), alors
ministre de la Justice (il avait succédé à Danton, le 9 octobre 1792);
Pierre-Marie-Henri Lebrun-Tondu (autrefois... l'abbé Tondu), ministre
des Affaires étrangères (guillotiné le 27 décembre 1793);
Philippe-Antoine Grouvelle (1756-1806), secrétaire du Conseil; Hébert –
le Père Duchesne! – était aussi là, etc. Garat, le chapeau sur la tête,
mais, paraît-il, très ému, déclara au Roi : "Louis, la Convention
nationale a chargé le Conseil exécutif provisoire de vous signifier ses
décrets des 15, 16, 17, 19 et 20 janvier 1793"... C'est Grouvelle qui
fit la lecture de cet abominable décret: Article 1 : "La Convention
nationale déclare Louis Capet, dernier roi des François, coupable de
conspiration contre la liberté de la nation et d'attentat contre la
sûreté générale de l'État". Article 2 : "La Convention nationale arrête
que Louis Capet subira la peine de mort". L'article 3 prévoyait que
l'exécution de ce décret aurait lieu dans les vingt-quatre heures à
compter de sa notification". La lecture de ce texte laisse impassible
Louis XVI. Louis XVI lisant son testament
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Le Temple |
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Cléry |
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Louis XVI lisant son testament à l'abbé de Firmont |
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Testament de Louis XVI |
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Testament de Louis XVI |
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Testament de Louis XVI |
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Testament de Louis XVI |
A peine Louis XVI est-il couché, qu'un sommeil profond s'empare de lui. A côté de lui, Cléry passe la nuit dans une chaise.
- Vendredi 17 janvier 1794
A
Angers on guillotine : François Aubey, natif de Condé-sur-Noireau
(Manche), caissier des mines de Montrelais; Etienne Misset, né à Sedan,
inspecteur des mines de France et directeur de celles de Montrelais;
Pierre Petiteau, né à Varades, ci-devant vicaire d'Auvernay, district de
Chateaubriant, non assermenté. A Nantes on fusille 97 vendéens tous
executés aux carrières de Gigant. A Noirmoutier on fusille Mme d'Elbée
et Mme Mourin de l'Herbaudière.
Ordre
du jour du général Tureau, donnant l'itinéraire de la "promenade" des
douze "colonnes infernales". Turreau précisait: "On emploiera tous les
moyens de découvrir les rebelles, tous seront passés au fils de la
baïonnette; les villages, métairies, bois, landes, genêts et
généralement tout ce qui peut être brûlé, sera livré aux flammes...",
etc.
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Nantes, Gigant. Monument commémoratif des fusillades de 1794. |
A Nantes - On fusille 57 hommes à Gigant.
- Samedi 18 janvier 1794
– Réunion des généraux républicains commandant
les colonnes infernales. Tureau leur fait connaître leur ordre de
marche.
Procès de Louis XVI
- Jeudi 17 janvier 1793
Le temps : le vent vient du nord. Il gèle. Temps couvert toute la journée (Journal de Guittard de Floriban). Dans la matinée Louis XVI est condamné à mort.
- Vendredi 18 janvier 1793 - Il gèle très fort (Guittard de Floriban).
Après le comptage, les résultats du vote donnent :
- Pour la mort sans condition : 387
- Pour la mort conditionnelle ou la détention ou le bannissement : 334
-Absents et non votant : 28
- Total : 749
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Un aspect de la salle de la Convention nationale, lors de la comparution de Louis XVI, le mardi 11 décembre 1792. |
- Jeudi 16 janvier 1794
A Angers on guillotine Joseph Garnier, né à Angers, tisserand.
- Mercredi 15 janvier 1794
-
Deuxième fusillade au Champ-des-Martyrs. 42 hommes venaient de la
Prison nationale (au bas de l'ancienne place des Halles, aujourd'hui
place Louis-Imbach). Nous ignorons les noms des hommes venant de la
Citadelle (le château d'Angers). Nous ne connaissons pas non plus les
noms des femmes fusillées ce jour-là. Certains historiens estiment à 300
le nombre des victimes de cette deuxième fusillade. Trois victimes
étaient de Montrelais, trois autres de Somloire, Chemillé (les paroisses
confondues). Deux étaient de Chambellay, et deux autres de
Saint-Laurent-de-la-Plaine; une était de Chaudefonds, une autre de
Gonnord, d'Angers, Montjean, du Pin-en-Mauges, du Mans, de Saint-Fulgent
(Vendée, Jallais, Varades, Saint-Mathurin, etc.
- Mardi 15 janvier 1793
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Louis XVI |
"Louis Capet est-il coupable de Conspiration contre la liberté publique
et d'attentats contre la sûreté général de l'État, oui ou non?
Le jugement de la Convention nationale contre Louis Capet sera t'il soumis à la ratification du peuple, oui ou non?"
A la première question, 718 députés étant présents, 673 votent "oui",
32 font des déclarations diverses, 3 ne répondent pas et 10 se récusent
ou s'abstiennent. A la seconde question, 721 députés sont présents, 286
se prononcent pour le "oui", 423 votent "non", et douze se récusent ou
s'abstiennent.
D.L.
- 13 et 14 janvier 1794
Les corps administratifs d'Angers envoient 1200 charrettes dans le
bocage pour en enlever le blé, le vin, le linge et les ustensiles de
toutes espèces.
- 14 janvier 1794
Dominique-Alexandre Jaudonnet de Laugrenière, chevalier, seigneur de
Grenoillon ou Grenouillon (que sa famille possédait depuis 1692), à
Moutiers-sous-Argenton, près d'Argenton-Château, est guillotiné à
Nantes. D.A. Jaudonnet de Laugrenière avait été capitaine de dragons et
ci-devant mousquetaire de la 1ère compagnie servant à la garde du roi.
Il avait épousé Marie-Perrine-Renée de Méric de Fraissinet qui lui
laissa deux enfants : Dominique-Claude, baptiésé le 25 novembre 1784, et
Alexandre-Luc-Pierre, baptisé le 7 mars 1786.

D'après la marquise de La Rochejaquelein, D.A. de Laugrenière,
"condamné à mort, ne demanda que le temps de dîner, ce qu'il fit avec
excès, prétendant qu'il n'avait pas d'indigestion à craindre". Sur ce
personnage, voyez encore : Gustave Michaud le t.XIX de sa série Au pays Argentonnais : Moutiers (Le Moustier de Saint-Ruffin) 2ème ed., Angers, 1937, pp. 34 et 35, pp.46 et 47.
Son fils Dominique-Claude revint à Grenouillon après la guerre. Il
épousa, le 3 prairial an X, Jeanne-Geneviève Roy, fille d'un de ses
fermiers, et en eut deux enfants, André et Marie. Il mourut le 12 juin
1819. Il possédait quelques biens dnas la région de Thouarcé.
La famille Jaudonnet de Laugrenière, portait d'Azur à un chevron d'or,
accompagné de trois têtes d'aigle arrachées d'argent, deux en chef et
une en pointe. On lui donne aussi d'azur à trois têtes de coqs armés,
crêtés et becqués de gueules.
- Dimanche 12 janvier 1794
D.L.
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Une fusillade au Champ-des-Martyrs |
On lui demande : "Vous souffrirez donc la mort pour la défense de votre religion" Réponse : "Oui". Sainte Vendée !
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Une tombe du Champ-des-Martyrs |
- 11 janvier 1794
- Le chevalier Jean-Baptiste de Beauvollier dit Valiot, aide de camp de Lescure, natif de Beuxe, est guillotiné à Angers.
Sainte Vendée
-
Louis-Pierre Barat, né et baptisé à La Chapelle Saint-Florent, le 27
juin 1726. Prieur de Saint-Jean du Petit-Montrevault. Docteur en
Théologie de l'Université d'Angers L'abbé Gruget disait de lui qu'il
éait "l'un des prêtres les plus éclairés du diocèse". Professeur de
Théologie, de 1762 à 1791. Curé d'Epiré (8/01/1762 au 1/02/1766). Membre
de l'Académie des Sciences et Belles Lettres d'Angers, le 15/11/1769.
Exerça plusieurs fonctions auprès du diocèse. Commissaire à la rédaction
des cahiers de doléances du clergé. Refusa le serment. Interné au
séminaire d'Angers le 17 juin 1792, puis à La Rossignolerie le 30
novembre de la même année. Délivré par les vendéens un an plus tard, le
17 juin 1793. Trouve refuge à Beaupréau puis à Cholet. Traverse la Loire
avec l'armée vendéenne. Il est arrêté à Saint-Lambert-la-Potherie, le 5
décembre 1793. Il était déguisé en meunier, "portant sur lui les
instruments du fanatisme" (Francastel, 6 décembre 1793). Comparait
devant le Comité révolutionnaire le 7 janvier 1794, puis, le 11 devant
la Commission militaire, qui le condamne à mort. Guillotiné le même
jour, place du ralliement à trois heures du soir.
Ses petits neveux possèdent toujours des livres de sa bibliothèque. Il était chanoine de Saint-Martin depuis le 2 août 1768.
Ce
même jour, à Angers, on guillotine François Charon, laboureur du
quartier Saint-Laud à Angers; Jean Bordet, laboureur également en
Saint-Laud.
Après avoir été battu à Saint-Fulgent par Joba, Charette se retire dans la forêt de Grasla.
Arrestation de plusieurs hommes à Saint-Etienne de Corcoué. Ils sont massacrés à Legé (Deniau, 1ère ed., t.IV, pp.131 et 132).
- 10 janvier 1794
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M. de Donissan, gouverneur du Pays conquis |

Joseph-Guy
Donnissan - père de Mme de Lescure, ne semble pas avoir été guillotiné à
Angers le 10 janvier, mais le 8 (A.H., t.III, p.586). On sait que M. de
Donissan était gouverneur du Pays conquis et qu'il avait été arrêté à
Montrelais.
- 31 décembre 1793 :
- 9 janvier 1794
Charette s'empare de Saint-Fulgent et poursuit les bleus jusqu'aux Quatre-Chemins-de-L'Oie.
- Les administrations siégeant à Vihiers, se replient au ci-devant château de Vaillé, paroisse de Nueil.
-
Des angevins se portent vers la "prée" de Sainte-Gemmes où les
attendent un spectacle ahurissant. Des centaines de cadavres de Vendéens
jonchent le sol.
- 30 décembre 1793 :
- 30 décembre 1793 :
Les
bleus se portent à Coron, puis à Chanteloup. Des Vendéens viennent de
sortir de ce dernier bourg, "après avoir mis à mort dix à douze
patriotes (...). Les rapports sur le nombres des insurgés varient depuis
300 jusqu'à mille ou douze cents".
- Le général républicain Legros occupe Saint-Florent.
- 29 décembre 1793 :
- Des insurgés de retour d'outre-Loire paraissent en bande à La Plaine et à Somloire.
- Turreau, depuis longtemps déjà nommé au commandement en chef de l'armée de l'Ouest, arrive à Nantes...
- 28 décembre 1793 :
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Le prince de Talmont |
- On massacre aux Ponts-de-Cé.
-
Rescapé de l'outre-Loire, le prince de Talmont qui se cachait dans la
forêt du Pertre, se risque à sortir de son refuge pour se rendre dans
une maison de Bazouges-du-Désert afin d'y recueillir des renseignements.
Il y est arrêté par des gardes nationaux qui ignoraient son identité.
Bientôt reconnu, il est transféré de Fougères à Rennes, de Rennes à
Vitré et de Vitré à Laval.
-
Le district de Vihiers ordonne d'arrêter : Mme Guéniveau et sa fille,
de Saint-Lambert-du-Lattay. M. Guéniveau était membre du Comité
royaliste de Saint-Lambert. Mme Dejoui et sa fille, femme et fille d'un
membre du Comité royaliste de Saint-Lambert-du-Lattay. Le même district
ordonne d'arrêter également Mme Banchereau, de Saint-Lambert.
- Continuation des fusillade dans la "prée" de Sainte-Gemmes.
- 27 décembre 1793 :
-
Odieux massacre de plusieurs centaines de Vendéens dans la "prée" de
Saint-Gemmes. Ces vendéens, "préalablement mis à nus", sont fusillés en
bloc. Ceux qui, malgré les décharges à bout portant, donnent encore
signe de vie sont achevés sur place. La plupart de ces victimes
s'étaient rendus volontairement après la mi-septembre 1793, sur promesse
d'amnistie. Avant leur exécution, ils avaient été emprisonnés dans la
cathédrale d'Angers. Pour certains auteurs, ces fusillades eurent lieu
pendant "huit jours de suite". Pour l'abbé Simon Gruget, curé de La
Trinité d'Angers, les fusillades eurent lieu les 27, 28 et 29 décembre
1793. Au moins 1500 personnes furent fusillées dans la "prée" de
Sainte-Gemmes. On sait que les cadavres d'une trentaine de ces Vendéens
furent écorchés et leurs peaux tannées... Un certain Robin, témoin de
toutes ces horreurs, raconta à Victor Godard-Faultrier (1810-1895), le
31 mai 1852 : "Je puis vous affirmer qu'ils étaient écorchés à mi-corps,
parce que, continua-t-il, on coupait la peau au-dessous de la ceinture,
puis le long de chacune des cuisses jusqu'à la cheville des pieds, de
manière qu'après son enlèvement, le pantalon se trouvait en partie
formé; il ne restait plus qu'à tanner et à coudre". Le 2 octobre 1859,
une croix des Martyrs, une simple croix de bois fut élevée près de la
prairie de Sainte-Gemmes en souvenir des massacre de décembre 1793.
Cette croix fut remplacée par une croix de pierre qui fut inaugurée le 3
octobre 1869.
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Noyade de Nantes (gravure allemande) |
* A Savenay, la Commission militaire condamne à mort 185 victimes.
*
A Nantes, Carrier décide de noyer 1 200 personnes d'un seul coup. Un
jacobin qui vient d'arriver à Nantes écrit : "Ici, on emploie une
manière inusitée de nous débarrasser de la mauvaise engeance des
brigands. On met tous ces coquins dans des bateaux qu'on fait ensuite
couler à fond. On appelle cela envoyer au château d'eau". (faisant
allusion aux château d'Aux dans le voisinage de Nantes), "en vérité si
les brigands se sont plaints quelques fois de mourir de faim, ils ne
pourront se plaindre qu'on les fasse mourir de soif". De l'humour noir –
ou bleus! – sans doute...
– 25 décembre 1793 :
*
Pierre Allard fait sa soumission et dépose ses armes à sa municipalité
de Thouarcé. Il est fusillé dans "la prée" de Sainte-Gemmes, près des
Ponts-de-Cé.
*
Venant du Mans, à la suite de l'armée républicaine, la Commission
militaire s'installe à Savenay avant de se rendre à Nantes. Dès le 23
décembre, à Savenay, elle fait fusiller 288 traînards de l'armée
royale.
*
Le 25 – en guise de joyeux Noël – la Commission fait fusiller à Savenay
188 victimes. Dans cette seconde hécatombe de nombreuses paroisses du
pays insurgé sont représentées : huit victimes appartiennent à la ville
de Cholet, six à celle de Chanteloup, quatre à la Chataigneraie, quatre
des Herbiers, quatre de Saint-Georges de Montaigu, trois de Chambretaud,
trois de Vezins, trois de Trémentines, etc.
*
A la Convention : discours de Robespierre sur le gouvernement
révolutionnaire. Il prononcera la deuxième partie de ce discours le 5
février. Malgré ses moyens expéditifs et sa forme dictatoriale, le
gouvernement révolutionnaire était légitime, selon Maximilien, car son
seul but était le salut du peuple. "Terrible aux méchants mais favorable
aux bons". Il avait comme ressort la vertu appuyée sur la terreur, "la
vertu sans laquelle la terreur est funeste, la terreur sans laquelle la
vertu est impuissante." La terreur, tempérée par la vertu devenait donc
un moyen de gouvernement.
Dire que j'habite sur cette "prée" !!!!
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