À ma connaissance la duchesse n’a jamais eu l’honneur d’un long métrage. Mais un téléfilm français lui a été consacré, La duchesse de Berry, réalisé par Jacques Trébouta (1930-1998) et diffusé en 1971. Le scénario était de Georges Bordonove, auteur d’Une vie quotidienne en Vendée pendant la Révolution (Paris, Hachette Littérature, 1974 ; lire la critique acerbe et méritée que lui consacre François Lebrun dans Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, 1974, n° 4, pp. 787 à 789). Martine Sarcey incarnait la duchesse.
Les romans à quatre sous ne manquent pas sur la duchesse, qui eut son lot de contempteurs et de laudateurs. L’un de ces romans à quatre sous a été écrit par Ernest Fornairon (1899-1968). C’est un livre très « léger », c’est le moins que l’on puisse dire, et les illustrations de Jithel sont à la hauteur du texte. Il porte le simple titre La Duchesse de Berry et fut publié à Paris par la Société parisienne d’impression, dans la Collection La Vie amoureuse (n° 37, 1959, 96 p.).
Après l’excellente biographie de Laure Hillerin, La duchesse de Berry, l’oiseau rebelle des Bourbons (Paris, Flammarion, coll. « Grandes Biographies », 2010, 541 p.), voici Marine Baron, La duchesse de Berry, l’insoumise (Paris, Perrin, 2026, 317 p.).
Cette nouvelle biographie de la courageuse et si écervelée mère du duc de Bordeaux, futur comte de Chambord, répond bien à l’attente des aficionados de la princesse, toujours avides de nouvelles informations sur l’héroïque veuve du duc de Berry. L’auteure utilise, bien entendu, les sources connues des curieux, mais Marine Baron s’appuie aussi sur des documents inédits que vous aurez plaisir à découvrir.
Un bouquin solidement documenté, d’une lecture agréable et enrichissante. Il doit s’ajouter à ceux que vous conservez précieusement et « amoureusement » sur cette princesse qui n’avait pas froid aux yeux. Certes, pas toujours conformiste… Mais, malgré Blaye, malgré « l’enfant de la Vendée », nous l’aimons bien Marie-Caroline et sa « chevauchée romantique ».
Pour les quelques jours passés dans le vieux pays avec les messieurs, au milieu des glorieux paysans, nous la voyons guidée par des « gars d’pays », à pied ou en croupe derrière un valet de ferme. Nous la voyons ici franchissant des échaliers, là à deux doigts de se noyer, dormant dans le lit d’une métayère, mangeant la soupe du paysan. Jamais aucun Bourbon n’avait fait cela. C’est pourquoi on a pu dire qu’elle fut « le seul homme de la famille ». C’est encore pourquoi la Vendée n’oubliera pas « Petit Pierre ». Elle non plus n’oublia pas la Vendée, ni son extraordinaire voyage de 1828, ni son séjour parmi les derniers « batailleurs » de la légitimité. Nous avons vu, Sophie et moi, à Brunnsee, parmi les portraits de la famille royale, un petit tableau représentant un Vendéen de 1832. Merveilleux et émouvant hommage de la duchesse de Berry à l’un de ses soldats de la vieille Vendée, qui avait veillé sur elle pendant la courte épopée de 1832.
D.L.

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