Banderole

Le Samedi 12 Septembre 2026 au Vieux Château de Montravers aura lieu les 50 ans de la Vendée Militaire et les 20 ans de la restauration du Vieux Château de Montravers

18/08/2026

Le coin des livres : une nouvelle biographie de Marie-Caroline



    Sans avoir été « biographiée » autant que « la reine pour l’éternité », Marie-Antoinette, « la reine humiliée et martyrisée », la duchesse de Berry a tenté, elle aussi, la plume de nombreux historiens, romanciers, poètes et dramaturges. Elle eut aussi droit à des auteurs de fictions historiques pour la télévision, comme dans L’Aventure de la duchesse de Berry, interprétée par Françoise Christophe (la duchesse) et Marc Bozzuffi (Thiers), avec des dialogues d’André Castelot. Ce film enchanta ceux qui, comme votre serviteur, suivaient La Caméra explore le temps.

    À ma connaissance la duchesse n’a jamais eu l’honneur d’un long métrage. Mais un téléfilm français lui a été consacré, La duchesse de Berry, réalisé par Jacques Trébouta (1930-1998) et diffusé en 1971. Le scénario était de Georges Bordonove, auteur d’Une vie quotidienne en Vendée pendant la Révolution (Paris, Hachette Littérature, 1974 ; lire la critique acerbe et méritée que lui consacre François Lebrun dans Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, 1974, n° 4, pp. 787 à 789). Martine Sarcey incarnait la duchesse.

    Les romans à quatre sous ne manquent pas sur la duchesse, qui eut son lot de contempteurs et de laudateurs. L’un de ces romans à quatre sous a été écrit par Ernest Fornairon (1899-1968). C’est un livre très « léger », c’est le moins que l’on puisse dire, et les illustrations de Jithel sont à la hauteur du texte. Il porte le simple titre La Duchesse de Berry et fut publié à Paris par la Société parisienne d’impression, dans la Collection La Vie amoureuse (n° 37, 1959, 96 p.).

    Après l’excellente biographie de Laure Hillerin, La duchesse de Berry, l’oiseau rebelle des Bourbons (Paris, Flammarion, coll. « Grandes Biographies », 2010, 541 p.), voici Marine Baron, La duchesse de Berry, l’insoumise (Paris, Perrin, 2026, 317 p.).

    Cette nouvelle biographie de la courageuse et si écervelée mère du duc de Bordeaux, futur comte de Chambord, répond bien à l’attente des aficionados de la princesse, toujours avides de nouvelles informations sur l’héroïque veuve du duc de Berry. L’auteure utilise, bien entendu, les sources connues des curieux, mais Marine Baron s’appuie aussi sur des documents inédits que vous aurez plaisir à découvrir.

    Un bouquin solidement documenté, d’une lecture agréable et enrichissante. Il doit s’ajouter à ceux que vous conservez précieusement et « amoureusement » sur cette princesse qui n’avait pas froid aux yeux. Certes, pas toujours conformiste… Mais, malgré Blaye, malgré « l’enfant de la Vendée », nous l’aimons bien Marie-Caroline et sa « chevauchée romantique ».

    Pour les quelques jours passés dans le vieux pays avec les messieurs, au milieu des glorieux paysans, nous la voyons guidée par des « gars d’pays », à pied ou en croupe derrière un valet de ferme. Nous la voyons ici franchissant des échaliers, là à deux doigts de se noyer, dormant dans le lit d’une métayère, mangeant la soupe du paysan. Jamais aucun Bourbon n’avait fait cela. C’est pourquoi on a pu dire qu’elle fut « le seul homme de la famille ». C’est encore pourquoi la Vendée n’oubliera pas « Petit Pierre ». Elle non plus n’oublia pas la Vendée, ni son extraordinaire voyage de 1828, ni son séjour parmi les derniers « batailleurs » de la légitimité. Nous avons vu, Sophie et moi, à Brunnsee, parmi les portraits de la famille royale, un petit tableau représentant un Vendéen de 1832. Merveilleux et émouvant hommage de la duchesse de Berry à l’un de ses soldats de la vieille Vendée, qui avait veillé sur elle pendant la courte épopée de 1832.


D.L.

10/07/2026

Savoir 155-156 est chez l'imprimeur

Notre dernier numéro de Savoir, le numéro 155-156 est chez l'imprimeur, vous devriez donc le recevoir très bientôt. En attendant vous pouvez consulter un extrait de ce numéro de 100 pages en cliquant sur l'image de la couverture.

https://www.calameo.com/read/00815991625a5d03c9563


02/07/2026

Notes de l’abbé Dubin de Grandmaison sur les Mémoires de la marquise de La Rochejaquelein

 Un chanoine dans la guerre de Vendée. Notes de l’abbé Dubin de Grandmaison sur les Mémoires de la marquise de La Rochejaquelein, édition critique établie et présentée par Michel Chatry, La Roche-sur-Yon, Centre vendéen de recherches historiques, 2025, 25 €.

    Après la lecture des souvenirs d’un(e) mémorialiste, certains auteurs ou témoins des événements ont voulu laisser des « remarques », des « observations », des « notes » ou des « éclaircissements » pour confirmer ou contredire certains propos de l’auteur. Parfois ces notes étaient écrites dans les marges du livre ou sur quelques feuillets placés au début du livre. Le baron de La Tousche d’Avrigny (†), témoin auriculaire, a commenté beaucoup de livres que j’ai vus chez lui, parmi lesquels le tirage à part des Mémoires de Pauvert. Lorsque le Journal des débats fit, dans son numéro du 11 février 1806, l’éloge de l’ouvrage d’Alphonse de Beauchamp, Histoire de la Guerre de la Vendée (trois volumes, Paris, Giguet et Michaud), le succès de ce livre fut assuré. Or, le très controversé abbé Bernier ne partagea pas l’enthousiasme du Journal des débats et rédigea des notes qu’il adressa à un journaliste parisien. Ces « observations » furent retrouvées par l’abbé F. Uzureau dans les papiers de Barante et les publia dans L’Anjou historique (n°4, janvier 1903, pp. 354-374). Elles sont très curieuses et présentent souvent un grand intérêt. Elles sont beaucoup citées par les historiens. On pourrait encore citer L.-F. de Robiano de Borsbeek avec ses Additions aux Mémoires de madame la marquise de La Rochejaquelein (Louvain, chez Vanlinthout et Vandenzade, 1823, 93 p.). De son côté, Émile Grimaud a eu la bonne idée de publier les notes de Mme de La Rochejaquelein après sa lecture de l’Histoire de la Vendée militaire de J. Crétineau-Joly (Paris, Hivert, Poussielgue-Rusand, Dentu, Bohaire, 4 vol., 1840-1841). Émile Grimaud a relevé ces notes et les a publiées sous le titre Mme de La Rochejaquelein et les guerres de Vendée (Nantes, Imprimerie Vincent Forest et Émile Grimaud, 1888, 42 p.).

    Le chef vendéen Jean-Aimé Soyer (1768–1823), respecté de tous, commenta la quatrième édition de Beauchamp (Paris, L.-G. Michaud, 1820, 4 vol.) dans laquelle il trouva bien des inexactitudes. M. l’abbé Uzureau retrouva ces notes au château de L’Espéronnière, à Vezin, chez M. Eugène de Terves et les publia dans L’Anjou historique, n°3, novembre 1904, pp. 297-306. Les notes de Jean-Aimé Soyer sont très importantes pour l’histoire de la Vendée. Dommage que son projet d’écrire ses souvenirs sur les guerres de Vendée n’ait pu se réaliser.

    Passionnantes aussi, les lettres de Mme de La Rochejaquelein au baron de Barante (Fontenay-le-Comte, Imprimerie Henri Lussaud, 1913, 23 p.). Mais là, nous entrons dans une autre histoire. Curieux également, « les renseignements donnés par M. For... à Savary » et insérés à la fin de Guerre de Vendée. Campagne de 1793, publié à Londres en 1805 par la comtesse d’Oeynhausen, maîtresse du général Henry Forestier, de La Pommeraye en Anjou, (voir Frédéric Augris, La comtesse d’Oeynhausen (...), s.l., Éditions des Écrits et de l’Histoire, 2021, 403 p.).

    Enfin voici, en dix-neuf lettres, les commentaires de l’abbé Dubin de Grandmaison sur les Mémoires de la marquise de La Rochejaquelein, adressées au baron de Barante, lequel rédigea les célèbres Mémoires. J’ai sous les yeux le premier retirage de la première édition : À Bordeaux, chez Racle, imprimeur de la Préfecture, 1815, portant le titre : Mémoires de madame la marquise de La Rochejaquelein, écrits par elle-même, rédigés par M. le baron de Barante.

    Le chanoine Daniel Timothée Dubin de Grandmaison (né à Blois en 1764 et décédé dans cette même ville en 1833) est un ancien aumônier de l’armée royale de Vendée… On comprend immédiatement le grand intérêt de ses notes, l’intérêt des « choses vues », disait G. Lenotre. Analysé par un grand spécialiste (reconnu comme tel par tous les historiens de la Vendée), Michel Chatry, ce qui double encore l’intérêt de cette publication. Ce livre doit nécessairement figurer dans votre bibliothèque. Daniel Maudet, historien de la région de Mauléon-Bressuire, nous avait fait connaître le chanoine Dubin de Grandmaison en publiant un article sur lui dans notre revue Savoir (septembre 2018, pp. 41 à 47). On n’en finirait pas de citer les détails et anecdotes dont le chanoine fut le témoin.

    Les passionnés de la Vendée trouveront dans cette publication de nombreuses informations et réflexion sur la « grand’guerre ». À emporter cet été en vacances, de préférence à la campagne.


D.L


 

29/06/2026

La première biographie du général de Suzannet

    Pour de « sombres raisons » encore bien présentes dans la mémoire collective du « vieux pays », le général Constant Jean-Baptiste Pierre de Suzannet (1772–1815) fut trop longtemps négligé par les historiens royalistes de la Vendée. Il vient d’être remis en pleine lumière par sa descendante, Constance de Pommereau, née de Suzannet, auteure d’une magistrale et éblouissante biographie : Le général de Suzannet. La fidélité à toute épreuve (Le Coudray-Macouard, Quint’Feuille / Saint-Léger, 2026, 415 p., 24 €).

    La proche parenté de l’auteure avec le héros de son livre pourrait nous faire penser que madame de Pommereau a pris la plume pour laver l’honneur du général, mis à mal en 1815. On sait combien elle est attachée à l’histoire de sa Maison. Elle a publié, il y a quelques années, une biographie consacrée à sa grand-mère, Hélène de Suzannet (1901–1961), Combat humaniste d’une femme engagée pour la paix et pour l’Europe. Cette dame, née Durant de Mareuil, fut une très courageuse résistante et une pionnière de la représentation féminine au Parlement. Le souvenir d’Hélène de Suzannet est bien entretenu en Vendée, particulièrement à Chavagnes-en-Paillers.

    La biographie du général de Suzannet est très éloignée d’un ouvrage banal de dévotion familiale. Préfacée par l’historien Aurélien Lignereux (Sciences Po Grenoble), auteur d’ouvrages consacrés à l’Empire, dont Chouans et Vendéens contre l’Empire : 1815, l’autre guerre des Cent-Jours (Paris, Vendémiaire, 2015), cette biographie s’appuie sur une incroyable documentation archivistique.

    L’auteure exploite notamment le fonds de La Chardière, à Chavagnes-en-Paillers, « siège social » de la famille de Suzannet depuis le XVIIᵉ siècle. On sait que les papiers Suzannet ont été préemptés par les Archives départementales de la Vendée lors de la vente aux enchères qui eut lieu les 29 et 30 octobre 2021. Ces documents sont aujourd’hui classés aux Archives départementales de la Vendée (328 J 1 à 57).

    D’autres fonds d’archives privées ont également été dépouillés par madame de Pommereau qui a consulté de nombreux documents aux Archives nationales, au Service historique de la Défense ainsi qu’au Centre des Archives diplomatiques du ministère des Affaires étrangères, à La Courneuve. Bien entendu, elle n’a pas oublié la documentation écrite (mémorialistes, travaux des historiens…).

    Résultat : une œuvre passionnante, riche d’informations inédites, bien écrite, qui remet les choses au point au sujet de 1815. Un beau travail que vous aurez plaisir à lire et qui enrichira votre bibliothèque.


D.L.



Un nouveau livre sur les origines des guerres de Vendée

     Chez Edilivre, Jean-Claude Ménès, auteur bien connu des passionnés des guerres de l’Ouest, et particulièrement des adhérents de notre association, propose L’Explicable Vendée et les massacres de septembre expliqués. Clin d’œil, bien entendu, au Rapport sur la Vendée au nom du Comité de salut public, présenté par Barère lors de sa séance du 1er octobre 1793, imprimé par ordre de la Convention nationale : « Citoyens, l’inexplicable Vendée existe encore, et les efforts des républicains ont été jusqu’à présent impuissants contre les brigandages et les complots royalistes. »

    Ce projet de destruction de la Vendée, exposé sur une vingtaine de pages, ne sera mis en œuvre par Turreau et ses sbires qu’à partir de la mi-janvier 1794.

    Le projet de Jean-Claude Ménès n’est pas une nouvelle étude sur le génocide — auquel il ne croit pas — mais vise à démontrer les véritables raisons de cette guerre. Selon lui, les historiens se sont trompés sur les fondements de cette insurrection vendéenne. Il faut lire cette importante étude de 457 pages pour se faire une idée de l’incroyable documentation utilisée par l’auteur. Les conclusions seront probablement discutées.

    Jean-Claude Ménès est ingénieur ENSPM, docteur en histoire, lauréat de l’Académie française et diplômé d’un DEA dans les disciplines médicales et pharmaceutiques. 

Prix du livre : 25 €