Banderole

Le Samedi 12 Septembre 2026 au Vieux Château de Montravers aura lieu les 50 ans de la Vendée Militaire et les 20 ans de la restauration du Vieux Château de Montravers

20/11/2012

22 septembre 1996, la Vendée Militaire au Fief-Sauvin

Unique en France, le monument aux morts du Fief-Sauvin offre la particularité de porter une statue de Vendéen répondant au Poilu de 14-18 comme un écho aux sacrifices des enfants du pays, d’une Grande Guerre à l’autre. Vendée Militaire y a marqué d’une plaque sa journée d’hommage à cette paroisse vendéenne, le 22 septembre 1996. 

Le monument aux morts du Fief-Sauvin
Commencé par une messe célébrée par l’abbé Auger dans l’ancienne église Notre-Dame – démolie l’année suivante – ce dimanche de commémoration s’est poursuivi autour du monument aux morts sur lequel le maire de la commune, Jean-Marie Reveau, dévoila la plaque « à la mémoire des habitants du Fief-Sauvin morts pour la défense de leur foi ». Dominique Lambert de La Douasnerie relata ensuite l’historique du lieu. 

Ce monument érigé sur les fondations d’un ancien moulin à vent, le Moulin Drouet, fut inauguré en 1923. La famille Lallemand, propriétaire du terrain, en avait fait don à la municipalité, sous réserve qu’un combattant vendéen figurât aux côtés d’un soldat de 14-18. Il faut dire que la Révolution fit un grand nombre de victimes parmi les ancêtres de cette famille sauvinoise. Ces dernières comptent parmi les 350 recensées au sein du martyrologe de la paroisse. 

Après le déjeuner, la soixantaine de participants a entamé un périple à travers les lieux de mémoire du Fief-Sauvin, captivée par les récits hauts en couleurs de Dominique Lambert de La Douasnerie, fin connaisseur de l’histoire locale. C’est ici, en effet, qu’il avait organisé sa toute première Veillée vendéenne, en novembre 1976. 


La première étape, à l’église, fut l’occasion d’évoquer la situation de la paroisse à la veille de la Révolution, la Constitution civile du clergé, la vie clandestine de l’abbé Laurent Gruget caché dans les fermes pour échapper aux persécutions, et l’insurrection de mars 1793 au Fief-Sauvin. 

Un deuxième arrêt au monument au mort permis d’expliquer la formation des compagnies de la paroisse, placées sous les ordres de Bonchamps. Non loin de là, sur le chemin de la Bérangerie, seize membres de la famille Colombier furent massacrés en 1794. 

Le Vendéen sur le monument aux morts
du Fief-Sauvin
Passée la Godinière, où naquit un commissaire aux vivres de Bonchamps, le groupe s’est porté vers les méandres de l’Evre, dont les coteaux pittoresques ont été le théâtre d’un effroyable drame, le 1er février 1794. Ce matin-là, les Bleus ont franchi le gué sur l’Evre à Guicholet, après avoir perpétré un massacre sur l’autre rive, à Chillou. Les coups de feu jettent l’alarme à la ferme de la Chévrie, située près de la route qui mène les soldats vers le bourg du Fief-Sauvin. Toute la famille Audouin s’enfuit vers un refuge dans le coteau du Céleron, un abri sous roche caché par d’épais fourrés, priant pour que les « chasseurs » et leurs chiens ne parviennent pas à franchir les rideaux de ronces. Sa supplique sera exaucée. D’autres n’auront pas la même chance… 

Car au loin résonnent les jurons des soldats poussant devant eux les malheureux tombés entre leurs mains, jusqu’au sommet d’un rocher d’où ils les précipitent dans une eau glacée. Les mêmes cris d’effroi éclatent sur l’autre berge, au bois du Vigneau, où la traque des Bleus jette de nouvelles victimes au fond de l’Evre, des habitants du Fief-Sauvin et de Saint-Martin de Beaupréau qui pensaient trouver là un asile sûr. Leurs corps charriés par l’eau rougie de sang viendront s’amasser en aval contre la chaussée du Moulin Neuf. 

Carte des lieux cités dans l'article
Ce grand massacre et la destruction du bourg par les Colonnes infernales sont restés dans les mémoires grâce aux témoignages des survivants, transmis dans les familles, de génération en génération, et préservés aujourd’hui par des journées de commémoration comme celle-ci.

19/11/2012

Lettre de l'évêque d'Angers à l'association Vendée Militaire


Chers amis,


En ce 20 octobre 2012, réunis comme chaque année pour une journée de mémoire, vous faites revivre à La Jumellière le souvenir du Chanoine François Uzureau, bien connu dans notre diocèse d’Angers pour son beau ministère de prêtre (il fut aumônier de la prison pendant 46 ans) et son important travail d’historien, particulièrement sur les guerres de Vendée.

Dans la Semaine Religieuse (n° de 1949), on note que François Uzureau prit très tôt « le goût de la recherche et du document » et l’on souligne « son entière impartialité » dans son œuvre d’historien. On voit en lui « une belle physionomie de prêtre et de chercheur, qui mérite de vivre dans le souvenir de ceux qui l’ont connu, et de ceux qui ont mis à profit les richesses de son érudition ».

« Les peuples sans mémoire sont des peuples sans avenir. La vitalité de la mémoire est la condition de tout progrès humain. » (Mgr J. J. Bruguès, Actes de la Conférence internationale pour l’Education catholique, juillet 2009) Je souhaite que cette journée centrée sur notre riche histoire régionale soit propice à la réflexion. L’enseignement de la mémoire doit contribuer à rendre l’homme toujours plus humain.


Angers, le 2 octobre 2012
Emmanuel Delmas, évêque d’Angers

16/11/2012

Andrezé, premier numéro des « Paroisses et Soldats de l’Armée vendéenne »

Vendée Militaire était encore une toute jeune association lorsque Dominique Lambert de la Douasnerie se lança dans la rédaction d'une nouvelle collection de monographies sur les paroisses vendéennes. Et c’est Andrezé qui inaugura ce long travail de recherches.  

Le projet s'est fait jour dès les premières années, dans la foulée des Veillées vendéennes organisées à travers les Mauges. Chacun de ces événements se préparait en archives afin de rassembler les informations sur l’histoire locale, puis de les confronter à la tradition orale si précieuse pour renouer le fil du temps.

Les chroniques, et les Veillées vendéennes qui les enrichissaient de nouveaux souvenirs collectés à cette occasion, ont naturellement conduit Dominique Lambert de la Douasnerie à les coucher par écrit pour préserver cette mémoire fragile. 

Le premier de ces cahiers des Paroisses et Soldats de l’Armée vendéenne, consacré à Andrezé, renoue avec les récits des Veillées. Il nous replonge dans ce vieux bocage impénétrable, ses landes, ses jachères, ses champs clos, ses étroits chemins percés de fondrières, ses bourgs animés où se côtoient le paysan et le tisserand. Il nous raconte les débuts de la Révolution, le grand hiver 1788-1789, les échos des premières réformes, la dérive d’un pouvoir livré aux délires des factions, et bientôt la grande insurrection vendéenne dressée contre la tyrannie. Il égrène le triste martyrologe de la paroisse (pages 42-43), mais aussi la liste des combattants (pages 63-85), ces valeureux gars des Mauges qui, à l’instar du Paysan vendéen de Chateaubriand (reproduit en pages 60-62), peuplent le Livre d’Or des Géants de la Vendée. 

D'année en année de nouveaux cahiers ont complété cette collection, offrant à la Vendée Angevine une incomparable documentation historique, et à ses paroisses la sauvegarde de leur mémoire.

10/11/2012

La Jumellière au temps des Guerres de Vendée

Présenté lors de la journée vendéenne du 20 octobre dernier, le Recueil de textes sur La Jumellière et les environs est disponible auprès de Vendée Militaire, au prix de 33 € (port inclus). 

Cet ouvrage rassemble quatre textes :
  
Les batailleurs de La Jumellière, par Dominique Lambert de La Douasnerie ;
  
– Les articles du chanoine Uzureau sur La Jumellière, sa paroisse natale, suivis de notes biographiques sur leur auteur, rédigés par Jacques Levron et H. Chevalier ;
  
Le « Grand Choc de Chemillé » et le pardon de M. d'Elbée, par Dominique Lambert de La Douasnerie ;
  
Notes et récits pour servir à l'histoire des guerres de Vendée, les débuts de l'insurrection à Chemillé, par Henri Baguenier Desormeaux.

Recueil de textes sur La Jumellière et les environs
14,8 x 21 cm, 235 pages, 33,00 € (port inclus)

09/11/2012

18 avril 1794, Vendredi Saint sanglant à La Chapelle-du-Genêt

A la sortie du bourg de La Chapelle-du-Genêt, sur la route de Saint-Philbert-en-Mauges, une croix de granit arbore une plaque d’ardoise posée à la mémoire Marie-Catherine Gaultier et Pierre Moreau, fusillés à Avrillé, et des habitants de la paroisse « massacrés en haine de la foi ». Plusieurs de ces martyrs succombèrent lors du passage des Bleus, le 18 avril 1794. 

La Croix des Martyrs, aussi appelée Croix Deniau

A cette date, jour du Vendredi Saint, treize personnes furent surprises et massacrées par des soldats républicains à La Chapelle-du-Genêt. Parmi elles se trouvaient Jeanne Lantier, veuve Mondain, âgée de 36 ans, et quatre de ses cinq enfants. Le récit de cette tuerie a été collecté auprès de témoins oculaires par l’abbé Félix Deniau qui l’a reproduit dans son Histoire de la Guerre de la Vendée

Plaque posée par Vendée Militaire
le 17 avril 1994
Mme Mondain, qui habitait ce dernier bourg [La Chapelle-du-Genêt], venait de le quitter avec ses six petits enfants dont le plus grand n’avait que 9 ans ; elle s’acheminait vers le moulin du Pont, lorsque deux Bleus, détachés de leur corps, tombent sur elle, et la somment, pour conserver sa vie, de leur livrer ses bijoux ; elle s’exécute, mais les féroces soldats, non satisfaits de l’avoir dépouillée, lui disent : « Maintenant que tu n’as plus rien, brigande, tu vas mourir » et aussitôt ils la frappent à coups de sabre, lancent en l’air ses plus petits enfants, les reçoivent sur la pointe de leurs baïonnettes et transpercent les plus grands. Quand ils croient que ces enfants n’ont plus de vie, ils donnent le coup de grâce à la pauvre mère que, par un raffinement de cruauté, ils font mourir la dernière. 

Après leur départ, les jeunes Raimbault et Poilâne, âgés de 12 ans, cachés dans les branches d’un chêne voisin et qui avaient été témoins de ce massacre, accourent près des victimes et trouvent respirant encore l’un des garçons et l’une des petites filles. Ils les transportent à la Fallette, métairie voisine, où les demoiselles Langlois leur prodiguent les soins les plus empressés. Le petit garçon qui avait la poitrine blessée de sept coups de baïonnettes guérit de ses blessures ; mais la petite fille succomba. 

L'église de La Chapelle-du-Genêt,
si typique des Mauges,
et dont les parties les plus anciennes
remontent au XVIe siècle
Les faits ont été rapportés par les deux jeunes témoins, Raimbault et Poilâne, mais aussi par Martin Goubault, laboureur de La Chapelle, qui arriva sur les lieux après le drame. 



L’enfant survivant s’appelait François Mondain. Il était né à La Chapelle-du-Genêt le 19 septembre 1792. Son père, René Mondain, prit les armes au début du soulèvement et mourut à la fin de l’année 1793. François participera quant à lui au soulèvement de 1815, dans l’armée commandée par d’Autichamp. 

Sources :  
Deniau (abbé Félix), Histoire de la Guerre de la Vendée, tome III, p. 82, note 3. Cet événement ajouté en note a été situé par erreur en octobre 1793. 
Paroisses et soldats de l’armée vendéenne, XXIII, La Chapelle-du-Genêt, édité par Vendée Militaire, Angers, 1994, pp. 38-40 (avec la reproduction de la demande de pension de François Mondain).